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əˌkaʊntəˈbɪləti

Posté le 28 avril, 2019 dans actu / news

Ce mot, accountability, comment diable faire comprendre qu’il est l’un des plus importants de nos sociétés modernes, entendez libres et démocratiques ? Que chaque citoyen peut et doit s’en réclamer, que chaque élu, fonctionnaire et dirigeant doit s’y soumettre ? Une des réponses est de le dire sans relâche. Une autre est que la justice fasse son travail sans compromission – ce qu’elle s’apprête – enfin – à faire en Allemagne dans le scandale VW (là où, en Suisse, et elle en aura l’air bête, elle a, dans une grande tradition helvétique, protégé le fort, l’entreprise, contre le faible, le citoyen/consommateur – et donc failli). Accountability, c’est le thème du film Vice sur Dick Cheney, qui commence par celle du réalisateur Adam McKay qui s’est dit prêt à défendre à tout procès en diffamation qui lui serait intenté. Vice est un film majeur, par son titre au double sens simplissime, et parce qu’il rappelle des compromissions lesquelles, si elles étaient connues, reprennent toute leur ampleur en étant remises ensemble dans leur contexte. Rien n’est nouveau dans ce film dont l’intérêt réside dans la dépiction morale des personnages en cause. Et qui en prennent pour leur grade. Intérêt historique à le dire ou le rappeler ? Intérêt actuel et concret à rappeler que le système ne fonctionne que si ceux qui le font marcher sont accountable.

Ensuite, évidemment, il est gênant de devoir constater que ce que fait Trump en termes de déni ou d’empêchement des checks and balances ne fait rien d’autre que rappeler… l’administration Cheney… ou l’administration Nixon. Bref, là où les Républicains semblent incapables de changer, les Démocrates semblent être le seul moteur de progrès. Satanés liberals… Ce qui mène tout droit… à Poutine. Si Trump a été trop incompétent pour conspirer avec eux, la Russie a bel et bien influencé l’élection présidentielle de 2016 – pour éviter à tout prix Hillary. Le motif est double et bien connu : sa méfiance et son hostilité envers la Russie, et le chaos qu’allait installer une présidence incompétente et inconstante. Mais cela on le savait, moins que cela continue et demeure une menace majeure pour le monde libre… que l’administration Trump ne traite pas. Pourquoi cela continue-t-il ? Parce que Poutine n’est pas accountable. Comment cela continue-t-il ? Les algorithmes de YouTube viennent de recommander une source média russe, RT, à celui qui cherche à comprendre le rapport Mueller. Aller lire dans un média russe non-libre, pas accountable, aux ordres, ce qu’il faut savoir sur le rapport qui constate l’interférence russe, ce n’est pas mal.

Ah oui, mais comment le sait-on, d’ailleurs ? Parce que, dans le monde libre, il est possible de le rechercher et de le dire – ce qui est ici le fait d’algotransparency. Bien vu bien dit. La suite au prochain numéro.

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