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ARMES ICI ET LÀ

Posté le 19 mai, 2019 dans actu / news

Or donc la Loi sur les armes, mise en oeuvre d’une modification de Schengen, a passé. Ouf et très bien. Les effets auraient été dramatiques – mais ce qui a fâché presque davantage était la pauvreté et la sottise des arguments des adversaires. Une rhétorique inefficace parce qu’inepte, mélange de simplisme et de clichés. Il y a avait mieux à faire et à dire au titre du contre-argumentaire – prouvant que ces partis et groupes-là en sont incapables. Beati pauperes spiritu. Plus loin de chez nous et des « diktats » de l’Union Européenne, peu importe la sécurité et la prospérité qu’elle nous apporte, le combat contre les dommages causés par les armes à la société civile a pris un tour nouveau au Connecticut. Au titre des réactions contre le massacre de Sandy Hook en 2012 (26 morts dont 20 écoliers – avec une arme de guerre semi-automatique capable de tirer 45 coups à la minute), la Cour Suprême du Connecticut a rendu le 14 mars un arrêt qui crée – enfin ! – une brèche dans l’immunité dont jouissent les manufacturiers d’armes aux Etats-Unis sur la base d’une loi fédérale. Dans une décision rendue à la plus courte majorité de 4-3, comme littéralement toutes les décisions sur les sujets de société sensibles, la Cour a contourné l’écueil.

Elle a considéré que la responsabilité du manufacturier pouvait être engagée autrement, soit pour le dommage causé par un wrongful marketing, c’est-à-dire essentiellement le droit de la concurrence loyale. Beauté du raisonnement, les fabricants d’armes font toujours une publicité faisant appel à la testostérone et à la force – sinon à la violence, implicitement. Une tautologie à vrai dire – une arme ne sert pas à faire du tricot, de l’aquarelle ou de l’horticulture, mais a bien pour destination primaire de tuer. Ce sera donc à un jury de dire si l’attitude de Remington est fautive sous cet angle-là : avoir vendu, dans le sens d’avoir fait de la réclame, à des civils, une arme destinée à tuer le plus de personnes en zone de combat. L’argument est que le manufacturier a ciblé une clientèle civile – comprenant les personnes susceptibles de déraper – en en appelant à leur identification avec la force que procure l’arme. Les fabricants répondent que les armes sont fabriquées et vendues pour pouvoir se défendre et pratiquer le tir. Cette défense tiendra-t-elle l’eau ? Probablement plus. Triste ironie, l’arme du massacre avait été achetée licitement par la mère du tireur – qui l’a également tuée… Ce n’est pas fini toutefois car Remington va tenter de porter l’affaire à la Cour Suprême des Etats-Unis. A suivre.

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