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SAUL GOODMAN’S GUIDE TO KEEPING THE CUFFS OFF – ET PAS BIEN POUR UN AVOCAT D’ESPIONNER SUR FACEBOOK ?

Posté le 10 mai, 2016 dans avocats / advocacy

Les manuels sur l’exercice de la profession d’avocat ne sont, curieusement, pas légion (mais dont celui de l’auteur de ce blog). Alors que c’est un métier répandu. L’avocat est formé en droit matériel, en droit et pratique de la procédure, mais pas sur l’exercice du métier. Il l’apprend en stage au contact d’un maître de stage comme jadis l’apprenti ébéniste, puis en pratiquant. Idem pour les soft skills. Alors, quand un personnage de série télé s’y colle, cela ne peut être qu’intéressant. Même si c’est un attachant mais persévérant loser d’Albuquerque, Nouveau-Mexique – et non un clone de star de big firm à New-York, Londres ou ailleurs qui s’y croit, comme dans d’autres séries télé (ou dans la vraie vie). James McGill, alias Jimmy McGill, alias Saul Goodman, est un avocat de province, juridiquement rudimentaire mais dévoué et en voulant, à la fois minable et touchant, un de ces chasseurs d’ambulances, smicard de la basoche vivotant de nominations d’office et rêvant de grands cas et grands clients. Et qui veut devenir connu et respecté, mais en se fourvoyant de truc déontologiquement limite et candide en pub criarde et ringarde. Son « manuel » est sorti : Don’t Go to Jail!: Saul Goodman’s Guide to Keeping the Cuffs Off. Une sorte de guide juridique pour gens normaux en langage parlé et populaire – qui fait du bien, à la fois drôle et sérieux. Sur l’histoire et le sens du livre cf. Inverse. Quant à la série, sequel de Breaking Bad, elle est elle aussi à la fois irritante de lenteur et de simplisme, mais finalement attachante par le personnage et ses intrigues absurdes – mais pas tant, par un certain réalisme et un côté fantaisiste très BD. Et une réalisation à cette image dont le générique pourave. 

Pour rester dans l’éthique et les devoirs professionnels en lien avec l’évolution numérique du monde, deux avocats sont poursuivis disciplinairement par l’Etat du New Jersey pour avoir utilisé en justice des éléments de la partie privée de la page Facebook d’une partie adverse. La question se pose ainsi de savoir si ce geste professionnel contrevient aux règles du métier (alors que la question de la légalité de la démarche hors le droit disciplinaire de l’avocat semble également pouvoir se poser). C’est comme souvent à l’aune d’une clause générale de comportement, et en l’absence de précédent, qu’un acte professionnel sera évalué et le cas échéant sanctionné. Il y existe toutefois des directives enjoignant à ne pas espionner les pages Facebook de jurés, témoins et adversaires si le contenu n’est accessible que sur autorisation. A suivre de près donc – à une époque à laquelle Facebook est de fait une source quant aux faits, gestes ou opinions de parties à des procédures. Ce qui pose problème in casu est que la personne avait bloqué l’accès public de sa page et que les avocats concernés avaient alors mis en oeuvre un de leurs employés qui s’est fait accepter comme ami, et donc personne autorisée, sans révéler qui il était et pour qui il agissait. Saul Goodman ou casher ? Les juridictions du New Jersey nous l’apprendront.

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