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CHIEF ROBOT OFFICER

Posté le 26 mars, 2017 dans actu / news

Des robots partout. Comment parler à son assistant virtuel ou à celui d’un fournisseur de services ? Se plaindra-t-il si on l’injurie ? Aura-t-il qualité pour déposer plainte parce que j’aurai hurt its feelings ? Les taxer ? Quelle idiotie – puisque la taxation actuelle vise les personnes physiques et morales, auxquelles un robot appartient nécessairement. Taxe-t-on le chiffre d’affaires d’un camion ou d’une machine qui travaille toute seule toute la journée ? Commencer à calculer la « capacité contributive » de chaque machine physique, ou virtuelle, de chaque entreprise ? Bonjour l’administration improductive et les grilles absconses. La fiscalité va précisément dans le mur parce qu’elle est un assemblage infini d’idées pour taxer – avec leur arbitrage infini mais menant à une seule chose sûre, à part la mort, qui taxe aussi, et les impôts eux-mêmes : l’inflation permanente de la ponction en termes réels sur une base historique. Les robots vérifieront mieux qu’un employé le risque de crédit d’un demandeur d’hypothèque ? Quelle joie ! Le code pénal étendra-t-il l’escroquerie à la représentation astucieuse envers une dupe étant une machine ? Ou mieux, j’engagerai les services d’un autre robot pour fournir au robot de la banque les données qui feront qu’il m’accordera mon hypothèque. Donc ce sera une bataille d’algorithmes, et de ceux qui les maîtrisent et… les vendent. Et génial de laisser à des robots de déterminer quelle jeune famille doit accéder à la propriété et se donner cette possibilité d’épargne forcée jusqu’à la retraite. Les droits des robots, les droits de la personnalité des robots, des machines. Ca va le chapeau ?

Et si une femme trompe son mari avec un robot et qu’il bute le robot, c’est un meurtre ? Ou il doit buter le propriétaire du robot – en aura-t-il même un et même si le robot a agi de son propre chef avec son intelligence artificielle ? Et dans les banques, il y aura bientôt un Chief Robot Officer, puisque les robots investissent déjà mon argent et qu’il y a des Chief N’importe quoi Officers. Ce sera cool les comités de direction avec un CRO qui dirigera ou représentera tous les robots de la banque. Et je vois bien les employés se plaindre que le robot des ressources humaines leur a refusé une augmentation ou des vacances. Mais les robots des ressources humaines engageront-ils les autres robots ? Déjà qu’ils trient les candidats humains. Et si un robot est licencié abusivement, il aura droit à une indemnité ? A aller aux Prud’hommes ? Et si le robot du compliance ne détecte pas un blanchiment, il en sera inculpé ? Et si un robot corrompt ? Ca ce serait franchement poilant : le Ministère public annonçant triomphalement l’arrestation d’un robot. Il est bien que l’homme rêve et alimente ses progrès. Mais sans remonter jusqu’à Rousseau, il oublie deux choses dans son euphorie sur l’intelligence artificielle : l’intelligence, la vraie, conçoit le bien et le mal, et toutes les teintes de gris. Elle ne le sera donc vraiment que ce jour-là. Et lorsque l’homme ne pourra plus se battre avec des machines qui le contraindront, seule la minorité qui détiendra les codes dominera le monde. Faudra-t-il alors se plaindre du robot en justice ? Mais si la justice est elle aussi devenu un robot ? Soupir.

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