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LA HONTE A UN PRIX

Posté le 14 novembre, 2019 dans divers

Vu passer Trump à New-York lundi dans sa « motorcade », le cortège de la voiture blindée présidentielle précédée et suivie des forces spéciales et véhicules radar, ambulances, presse, etc. Dans n’importe quelle démocratie, au moins une partie de la foule, en général ou présente comme ici pour un événement important et apolitique, le « Veterans Day », ferait signe au président, agiterait des drapeaux, l’applaudirait, le saluerait quoi. Et une autre le sifflerait peut-être. A New-York, spectacle saisissant, personne ne le salue. Pas même quelques personnes, personne. A l’image du dédain et de la haine que lui vouent les New-Yorkais. A Washington, les auditions de l’impeachment viennent de commencer. Les démocrates considèrent qu’utiliser et mettre en péril la politique étrangère et les intérêts américains pour obtenir un avantage électoral constitue une violation de la Constitution qui permet de démettre le président. Un tel acte est lourd de conséquences puisqu’il annule le résultat d’une élection, et tout le monde le mesure. Les républicains se défendent et le défendent en invoquant d’autres reproches faits aux démocrates mais, in fine, que ce qu’a fait Trump n’est pas si grave, en tout cas pas au point d’être démis.

Pour tout observateur, neutre ou non, le constat laisse incrédule tant il est clair : un président sans expérience, inapte à la tâche, inepte, inculte, menteur chronique, injurieux, raciste, misogyne, malhonnête voire mafieux, erratique au point d’être décrit comme dangereux par une série d’officiels ayant travaillé dans son administration. Un président qui a pour méthode d’attiser antagonismes et divisions de la société civile, et pour obsession de détruire les acquis de son prédécesseur – respecté et populaire. Qui n’a en fait que deux réalisations à son bilan : une baisse d’impôts pour les riches et la nomination de deux juges à la Cour Suprême et de nombreux juges fédéraux de district et d’appel. Pourquoi alors les républicains continuent-ils à le soutenir indéfectiblement ? On pourrait penser que, n’ayant pas voulu de lui pour ces mêmes bonnes raisons, ils tenteraient de tirer un avantage au moins moral de le lâcher maintenant, de n’avoir enfin plus besoin de soutenir l’indéfendable. Mais non et l’explication est triple. Premièrement, le pouvoir ne se lâche pas et il n’y a pas d’avantage politique à faire prévaloir la moralité. Même au prix de la honte. Deuxièmement, un vil calcul électoral et égoïste : un élu républicain ne peut être réélu sans les votes de la base propre de Trump. Troisièmement, même menteur et malhonnête, Trump défend leurs valeurs, et c’est ce qui compte – face aux démocrates. Là où les républicains de 1973 n’avaient pas cautionné que leur président ait illégalement espionné les démocrates, puis nié et fait obstruction à la justice, ceux de 2019 risquent fort de considérer que leurs intérêts propres l’emportent sur les valeurs fondamentales. A quel prix ? Cela sera à voir – en 2020.

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