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J’ACCUSE – AUJOURD’HUI

Posté le 24 novembre, 2019 dans divers

Impossible de ne pas aller voir le film – il est majeur, comme son réalisateur. Mais quel en est le décodage et pourquoi un film historique, et cette histoire-là, aujourd’hui ? Il y a plusieurs pistes – dont la remontée de l’anti-sémitisme et que Polanski se percevrait accusé à tort. Mais l’histoire est celle de la transparence – ce qui le desservirait alors. Ainsi, peu importe, ce film importe parce qu’il est une piqûre de rappel. De ce que les armées ont pu représenter dans la société. C’est passé, heureusement, mais le savoir importe. De l’esprit de corps qui habite les organisations humaines – et notamment celles fondées sur le pouvoir, la force, la hiérarchie et les prétendues valeurs supérieures de l’État. Ceci reste hélas actuel. Lorsque le colonel Picquart demande au commandant Henry pourquoi il couvre et suit les ordres, il répond « l’armée ». Toutes les armées, en fait. De ce que la transparence est une valeur fondamentale : lorsque Clemenceau et Zola concluent que la seule solution pour faire bouger les choses est de rendre l’affaire publique, au prix de troubles, de procès et de clivages, c’est un des premiers ressorts de la transparence – contre l’esprit de corps et la conjuration. Et de ce que la justice peut facilement, hier comme aujourd’hui, compromettre ou faillir – au profit de l’État, de la force, du pouvoir. Le coup de pied de l’âne, magnifique, furtif en diable, c’est Polanski simple figurant en immortel. Dreyfus, J’accuse, c’est aujourd’hui et toujours.

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