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LANGAGE ADMINISTRATIF SUISSE

Posté le 9 mars, 2019 dans divers

Formulaire pour le splitting de la rente AVS que je toucherai dans dix ans : une demie-heure pour trois pages de bla-bla nonsensical. Ma fille se fait une commotion à ski : trois pages de déclaration d’accident indigeste dont les rubriques sont… conçues pour des accidents de la route. Énième lettre de la caisse de compensation supplétive pour ma gentille femme de ménage : ton comminatoire et contenu proche de l’inintelligible. Re-lettre de la Caisse de compensation AVS pour être bien sûr que mes enfants sont toujours aux études et que les allocs sont versées à bon droit. Et c’est comme cela pour quelque chose virtuellement chaque semaine, des vingtaines de minutes par-ci par-là à remplir ces idioties et trouver ou retrouver des documents justificatifs à joindre dans un délai obligatoire. Soupir. Cela ne donne qu’une envie : remplir n’importe quoi et envoyer balader la caisse de compensation supplétive – remplie d’employés du mois à tour de rôle tellement ils sont zélés et désagréables. A quand le TripAdvisor des assurances, administrations et autres caisses – où il sera possible de les noter publiquement ? Qui écrit-il ou supervise-t-il des écrits aussi rêches, mauvais ou inutiles ? Pourquoi certaines entreprises privées écrivent-elles aussi mal – alors que la satisfaction client serait infiniment supérieure en y mettant quelques formes ? Pourquoi l’écrit s’affranchit-il d’une amabilité qui existe encore parfois en personne ? 

La vérité est qu’écrire bien, mieux, plus court, plus efficace, n’intéresse personne, et que les entreprises ou administrations concernées n’ont pas de personnel qualifié en cette matière. Qui puisse faire le lien entre ce qui doit être accompli et la façon efficace et aimable, sinon plaisante, de le dire ou de l’obtenir. Et il y a l’empilage, l’addition de ce que la vie moderne génère comme volume administratif étatique et privé pour les particuliers et pour les ménages. Les millenials se rebelleront-ils contre tout cela ? S’inscrire sur Spotify prend 45 secondes, acheter un billet sur easyJet trois minutes, pas vingt ou trente. Des robots, entendez de l’IA, rempliront-ils ces paperasses pour nous, qui seront alors lues par d’autres robots ayant mis au chômage les employés du mois de la caisse supplétive de compensation ? Peut-être. Et peut-être y aura-t-il même, à la caisse supplétive de compensation, un robot du mois ? Bien fait, personne ne pleurera pour eux, les ex-employés du mois de la caisse supplétive se mettront à leur tour à remplir des déclarations de trois kilomètres inquisitives et désagréables pour leur chômage. Et la roue tournera sans fin – jusqu’à ce que le système administratif, fiscal et de prestations sociales soit revu et simplifié de fond en comble suite à son étouffement. On peut toujours rêver. Allez, c’est quoi le truc à remplir ce soir ?

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