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L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE QUI METTRA LES AVOCATS AU CHÔMAGE ET LE MONDE A FEU ET A SANG ?

Posté le 21 mai, 2017 dans avocats / advocacy, divers

Tapez « intelligence artificielle » dans un moteur de recherche et vous aurez des dizaines d’articles sensés et passionnants. Va-t-elle mettre les avocats au chômage ? Cette question est vive et récurrente dans la profession, avec sa part d’angoisse – et de provocation. Et avec le sempiternel débat entre les anciens, les modernes et les oiseaux de mauvais augure. Pour y répondre un article du New York Times plutôt rassurant puisque sous le titre A.I. Is Doing Legal Work. But It Won’t Replace Lawyers, Yet. Il est question d’une réduction comprise entre 2,5 et 13% des heures facturables auprès des grandes Etudes américaines, mais pour un type de travail déterminé et de routine : revue de documents pour lesquels la clientèle est sensible au fait de payer de nombreuses heures d’avocats juniors ou de paralegals. Mais cette activité est propre à certaines matières du droit anglo-saxon, comme les contrats-types ou la discovery électronique. L’IA devient par ailleurs un super-moteur de recherche contextuel, mais ce qui reste un travail de moteur de recherche. Obtenir mieux et plus vite le précédent le plus proche, ou la statistique des cas similaires, ne signifie pas que le juge jugera de même ou que l’apport de l’avocat ne sera pas déterminant. Mais c’est une information utile. L’AI commence aussi à rédiger des memoranda sur une base contextuelle, mais qui doivent être adaptés par humain – l’avenir dira le pourcentage de temps gagné, ou pas. Au-delà des pauvres avocats, l’IA continue à venir avec son lot de périls. Quid si Trump déclare oralement que les Etats-Unis ont été attaqués ou que Kim Jong-un a lancé une bombe atomique sur le Japon ? 

Le voice cloning arrive à des résultats prétendument indétectables de l’original – cf. les exemples de Trump et d’Obama sur le site Lyrebird.ai. En quelques secondes de prise, les intonations de plusieurs émotions peuvent être synthétisées. Des guerres peuvent être déclenchées par une fausse déclaration d’un leader. Le client confirme un ordre à sa banque par téléphone – parce que son banquier connait sa voix. Quelqu’un pourra imiter la voix d’un amant ou d’une maîtresse, d’un patron ou d’un procureur, d’un politicien ou d’une célébrité. Il y a l’image et la voix ? L’image peut déjà être trafiquée. De nombreuses lois sont violées par une telle usurpation, mais ce qui ne gênera pas le spin doctor, le criminel, le terroriste ou l’amant(e) éconduit(e). Explosifs, atome, chimie, génie génétique, bactériologie, etc., de tous temps les sciences et techniques nouvelles ont été confrontées à un usage possiblement néfaste. Il n’en va pas différemment de l’IA – cf. un article de The Economist sous le titre TEACHING ROBOTS RIGHT FROM WRONG. Le débat est vif et immédiat : la chose morale est étrangère à l’AI (d’autant qu’apparemment elle reproduit les sentiments racistes de l’homme) et là n’est pas la question. L’IA peut être conçue pour faire le mal, sous la seule maîtrise de celui qui possède le code comme dans un James Bond. Alors les scénarios de science-fiction trouveront leur réalité, seule la force brute pouvant détruire le péril. Sauf s’il est intangible, c’est-à-dire ne se matérialise pas sous forme de robot mais exclusivement digitale ? Et, comme dans les films de science-fiction des années 70, c’est l’humain déconnecté de tout qui sauvera alors la planète ? Ou les avocats humains ? Dans l’intervalle, on continue à trembler.

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