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MUTUALISATION ET NOMBRILISME

Posté le 27 avril, 2020 dans divers

Le monde est étrange. Ou révélateur. Depuis la pandémie, le monde occidental libéral est pris dans son délit de nombrilisme : il ne parle plus que de son virus, du nombre de ses morts et de son économie en perdition. Il réalise à quel point il est en flux tendu et ainsi vulnérable à quelques simples semaines de ralentissement. Le reste du monde n’existe plus – plus aucun conflit n’importe, ni les Talibans, ni Poutine, ni migrants, ni le réchauffement, ni la culture, ni même le virus ailleurs : aucun média n’indique s’il y a le coronavirus en Egypte, en Algérie, au Chili, en Indonésie. Rien. Des procès sont intentés ça et là contre la Chine, pour rien sinon par jeu politique et gesticulation, pour avoir faute de communication à temps empêché une réponse plus rapide et moins dommageable du reste du monde. Peut-être. Et les théories du complot suggèrent que le virus a été infligé volontairement au monde occidental. C’est certainement faux – puisque la Chine souffre un recul de 30% de son activité économique. Encore que, dans un Etat collectiviste et asiatique, s’infliger une blessure pour en infliger une plus grave encore à ses ennemis est parfaitement acceptable. Ou s’agissait-il juste d’imposer enfin le collectivisme ?

Ce qui est bien avec le fantasme, c’est qu’on peut le façonner à sa guise. La doctrine communiste chinoise, c’est le collectivisme, l’économie planifiée. Ce n’est certes pas encore ce que font les Etats occidentaux en remède au trouble économique – mais. Chine ou pas Chine, ils sont tout de même passés en quelques semaines d’un monde libéral plus ou moins social-démocrate à une mutualisation complète des risques et des coûts de la santé et de tout ce qui est arrêté au plan économique. C’est sûrement très bien. Le libéralisme reprendra-t-il aussitôt ses droits ? Probablement pas entièrement. Nos social-démocraties ont déjà mutualisé beaucoup des risques et coûts de l’existence privée et économique. Mais le coup d’accélérateur est phénoménal. De là deux choses l’une. Soit il faut rembourser et l’impôt actuel, politisé, orienté, fera trinquer certains – et d’autres pas. Et cela mènera à des contestations voire des troubles sociaux. Soit il ne faut pas rembourser ou cela ne sera pas possible, et nous serons monétairement en territoire inconnu. Et dans un sens qui pourrait bien lui aussi être collectiviste.

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