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QUATAR, BARCLAYS, CREDIT SUISSE & CO

Posté le 3 juillet, 2017 dans divers

Lors de la crise de 2008, le Qatar a profité de sa puissance financière pour augmenter drastiquement son influence dans le monde. Cela s’est traduit en Suisse notamment par une opération de crédit en blanc avec le Credit Suisse, illicite ou à tout le moins contraire à toutes les règles prudentielles, mais que ni la FINMA ni la BNS n’ont osé mettre en cause. Le Qatar détient 5% de Crédit Suisse. Cela s’est traduit au Royaume-Uni par le sauvetage et une prise de participation importante dans la banque Barclays. Aujourd’hui, la roue a tourné. Le Qatar est au banc du monde arabe en lien avec le risque sécuritaire n° 1 de la planète : la guerre entre les extrêmes sunnites et chiites, dont les manifestations hors de celui-ci ne sont qu’un épiphénomène. Et les anciens dirigeants de Barclays viennent d’être inculpés pour ces opérations – après une enquête d’une durée de neuf ans prouvant une nouvelle fois l’immense difficulté des autorités pénales et réglementaires à comprendre et à poursuivre ces mécanismes. C’est dire aussi le nombre de cas similaires qui n’ont pas été poursuivis – alors que la transformation du bilan des banques en gigantesques hedge funds par une poignée a entraîné une crise systémique assumée par les Etats. De quoi s’agit-il ? Il y aurait eu des contre-affaires avec les investisseurs qataris et qui n’ont pas été révélées dans le respect des règles. L’une de ces contre-affaires, pour GBP 322 millions, aurait pris la forme déguisée d’une rémunération pour avoir aidé la banque a développer ses affaires dans le Golfe.

Le retour d’ascenseur se serait également traduit en novembre 2008 par un prêt de USD 3 milliards à l’Etat du Qatar, problématique si une partie a été réinvestie dans la banque. C’est là ce qui a été sanctionné pénalement en Irlande dans l’affaire Anglo-Irish Bank – mais que la justice suisse n’a pas été capable de comprendre au plan civil dans l’affaire Fortis. La question du dommage est ardue – comment apprécier une perte résultant de ces actes pour les investisseurs ? L’opération a permis pour sa part au Qatar d’investir GBP 6,1 milliards dans Barclays entre juin et octobre 2008. A l’automne 2008, Barclays avait craint qu’une intervention de l’Etat limite ses ambitions de banque universelle. Elle a donc visé à obtenir du capital frais d’investisseurs privés – qui n’étaient pas légion. Paradoxalement donc, les opérations mises en cause par les autorités britanniques ont évité que Barclays doive être sauvée avec l’argent du contribuable. Le Qatar est aujourd’hui ostracisé et confronté à des exigences politiques de ses voisins les plus puissants correspondant presque à son démantèlement. Une mauvaise politique s’accompagne parfois de sanctions économiques. Elles pourraient bien ruiner sa compagnie aérienne Qatar Airways – et peut-être même la Coupe du monde de football. Comme toujours, la roche Tarpéienne est très près du Capitole. Rock The Casbah.

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