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RECHAUFFEMENT – ET SI ON PARLAIT UN PEU DE L’ARMEE (ET DES BIAIS SUR LA VOTATION DU 19 MAI)

Posté le 16 février, 2019 dans divers

C’est amusant cela – jamais l’armée, les forces armées, ne sont évoquées en lien avec le réchauffement climatique. Or les armées ont deux défauts – de plus que ceux philosophiques que les antimilitaristes leurs connaissent : elles polluent et coûtent. Elles polluent énormément car l’essentiel de leurs infrastructures et équipements sont exemptés de respecter des standards d’émissions – dans les Etats qui en connaissent. Et ces équipements et infrastructures lourds ont un coût énergétique – et donc une empreinte carbone – colossaux. Elles coûtent également des sommes astronomiques, des fractions entières de PIB – qui devraient être affectés à sauver la planète plutôt qu’au potentiel de la détruire, a fortiori s’il nous reste neuf, douze ou même quarante ans pour ce faire. Plus facile, et simple, à dire qu’à faire – mais le constat est là : personne n’inclut jamais l’armée dans la réflexion écologique et il en est temps. Imaginez les ressources et les budgets militaires dévolus à la sauvegarde du climat. On pourrait rêver. Dans l’intervalle, ouï à la radio la réthorique pro-armes d’une officière – Olivia de Weck. Aïe les contradictions.

Quand une arme de service tue un civil – elles n’ont plus tué qui que ce soit d’autre que des civils depuis cent quarante ans – c’est une exception qui ne doit pas affecter la règle : le Suisse modèle et responsable peut détenir des armes. Mais pour cela, il faut demander… une exception à Schengen. L’espace sécuritaire européen doit accommoder les bons Suisses qui veulent garder des armes. La construction européenne n’empêche pas, quoi qu’en disent ses détracteurs, les particularismes régionaux. Mais tout autant que les Suisses, d’autres peuples pourraient avoir envie de garder les armes à la maison. Le vrai débat est qu’hors certaines situations limitatives auxquelles cette loi ne nuit pas, les armes n’ont plus rien à faire dans les foyers ou en mains privées au 21ème siècle, ni au fond du Texas, ni dans des urbanismes denses comme en Suisse, ni dans l’espace Schengen. Faire appel à la Suissitude est une escroquerie habituelle de la part des milieux conservateurs et militaires – de nombreux opposants aux armes sont bien plus Suisses encore. Et faire de ce sujet, somme toute mineur, le prétexte pour s’achopper avec un enjeu de l’importance de Schengen est égoïste et irresponsable.

Idem du poncif dépassé et simpliste que seul les régimes totalitaires veulent désarmer les peuples. Ah, Mme de Weck, parce que c’est pour cela que vous voulez en fait conserver vos armes. La vérité sort enfin ! Loin du tir sportif et de la belle responsabilité individuelle des valeureux soldats de milice, vous voulez vous défendre contre l’Etat, contre l’Union Européenne, deviendraient-ils totalitaires ! Nous Suisses aux bras noueux devons conserver la capacité de nous défendre contre l’UE – avec cet arsenal de pacotille dont plus personne ne sait d’ailleurs se servir, ni n’a envie de se servir, à part une poignée d’allumés du fusil. On « ne saurait pas ce que veut l’UE » – et la dérive totalitaire guetterait donc ? Escroquerie de plus – la directive 2017/853 explique ses motifs, comme tout texte édicté par un Etat de droit. Et ils sont raisonnables. Le constat est malheureux mais bien là : une fois encore un officier dit des sottises aux relans d’Alleingang. Une fois de plus on tente de faire d’un sujet de société technique un sujet clivant et nationaliste. Si c’est-là la conception qu’a l’armée suisse des périls actuels, on risque effectivement de ne plus être en sécurité et autant la supprimer. Je vais de ce pas verser 100.- de plus au GssA.

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