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SENSORVEILLANCE – LE CRIME PARFAIT (ET LA FACULTE DE MENTIR) C’EST FINI

Posté le 18 octobre, 2017 dans actu / news

Selon, les gadgets et applications électroniques nous aident ou nous effraient. Quand ils marchent et que nous en avons besoin, c’est un formidable progrès. Quand nous pensons à nos libertés ou qu’ils buggent, c’était mieux avant. Vous aimez votre clé de voiture sans contact, votre bracelet moniteur d’activité et de sommeil, ou votre alarme de maison et ses caméras – on pourrait vous voler ? Sans parler de votre sacro-saint smartphone ? Eh bien mieux vaut alors ne pas avoir à tuer sa femme, son mari, leurs amants, son voisin, son patron ou autre. Un américain de 41 ans en a fait l’expérience après avoir simulé une agression dans laquelle il a été battu et ligoté – et sa femme tuée. Une des preuves les plus importantes s’est révélée être le bracelet Fitbit de sa femme – qui en avait enregistré les derniers mouvements incompatibles avec sa version des faits. Les enquêteurs ne se précipitent plus sur les empreintes digitales ou sur les taches de sang sur les murs. C’est moins sexy pour Hollywood, mais ils vont tout droit sur tout ce qui est connecté et qui possède du data horodaté et géo-localisé. Et tout le monde en emploie ou est suivi par virtuellement des dizaines, de Facebook et consorts au système d’alarme de la maison ou du bureau, la voiture et la clé de voiture, la domotique, les dispensateurs de médicaments, les applications qui comptent les pas ou enregistrent l’activité physique ou biométrique, les caméras, l’automate à billets de bus ou de train, etc. Il y aurait 8,4 milliards d’appareils ou d’applications connectées à Internet dans le monde – qui enregistrent tout ce que nous faisons à tel point que cela supprime jusqu’à la faculté de mentir. 

Pas bien de mentir, en principe, dans le monde judéo-chrétien, mais c’est une liberté pour partie reconnue juridiquement – et qui est importante pour la vie sociale. La perdre fait devenir le monde inhumain. Un article Wearable Devices as Admissible Evidence: Technology is Killing Our Opportunity to Lie a abordé cette problématique de la sensorveillance et de la suppression du mensonge sous l’angle de la preuve. Pourtant, ce meurtrier semblait avoir pensé à tout : simulation d’une alarme dans la maison, email à son patron pour dire qu’il retournait voir, une scène de bagarre dans laquelle l’assaillant a tué sa femme d’un coup de feu puis l’a ligoté. Bref, une vraie scène de film. Mais qui était précisément une scène de film. Pas ce qui s’est passé. Méthode ordinaire tout de même en premier, les chiens des enquêteurs n’ont senti aucune trace d’un tiers. Mais ce qui l’a confondu, ce sont les logs de l’alarme de la maison, de l’email adressé à son patron, du bracelet Fitbit de sa femme – qui avait compté ses pas, en fait relevé toute son activité de ce matin-là de manière horodatée. Et le mobile était parfaitement ordinaire : une maîtresse enceinte. Le Washington Post a aussi relevé le cas d’un homme qui se prétendait victime de l’incendie de sa maison trahi par… son pacemaker. Faits divers tout cela ? Pas tant. Les questions de droit sont fondamentales parce que ces données sont parfois cryptées et relèvent de la protection des données. Ces domaines subiront des évolutions jurisprudentielles majeures ces prochaines années – puisque tout ce data est en train de devenir le principal réservoir probatoire en cas de crime ou de litige. Que restera-t-il alors du droit de mentir ? La réponse aux philosophes et aux psychologues ? A suivre.

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