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THE REPORT – AND SOME ADVOCACY LESSON

Posté le 4 janvier, 2020 dans justice

Il faut voir The Report – le film sur l’enquête du comité du renseignement du Sénat sur la torture pratiquée par la CIA après les attentats du 11 septembre. Annette Bening et Adam Driver y sont excellents – mais le film montre surtout excellemment des choses importantes. Il y a les acrobaties juridiques de l’administration Bush, déjà bien connues, pour valider des méthodes d’interrogation clairement contraires aux droits de l’homme. Il y a l’incroyable inefficacité de ces méthodes et les mensonges pour faire croire qu’elles ont été efficaces. Il y a les manoeuvres pour les masquer puis les nier. Il y a la défiance de la CIA (et ses actes illicites !) envers le comité du Sénat qui supervise pourtant son activité. Il y a la nécessité d’abnégation dont on dû faire preuve l’enquêteur Dan Jones et la sénatrice Diane Feinstein. Il y a la volonté, parfois même bi-partisane, dans le cadre des rapports de force entre blocs politiques, d’oublier les erreurs du passé. Bref, il eut été facile de ne jamais sortir le rapport, ni de ne même jamais le laisser être établi. Mais le devoir de transparence et de justice a prévalu – heureusement et grâce à des personnalités comme Diane Feinstein et John McCain. Avec une petite leçon de « advocacy » au passage.

Dan Jones est en effet poursuivi par la CIA pour avoir « délocalisé » un rapport interne hors de la salle dans laquelle le comité du Sénat peut consulter ses dossiers, par crainte fondée de sa destruction par celle-ci. Un comble puisque la CIA a elle-même détruit et modifié des preuves et… espionné le comité du Sénat qui la surveille ! Dan Jones risque vingt ans de prison. Il consulte un avocat rompu à Washington et ce qui va avec, qui lui expose son tarif : 30’000$ pour ses conseils, et 300’000$ s’il y a procès. Mais qui lui dit aussi que c’est ce que la CIA veut par-là : le ruiner financièrement en frais de défense, pourrir sa vie, in fine le faire renoncer à poursuivre et publier l’enquête. Et qui lui dit que sa défense est peut-être ailleurs : « you need some sunlight, Dan ». Dan expose alors l’espionnage illégal des travaux du comité par la CIA – ce que la sénatrice « échange » contre l’abandon des poursuites et des excuses de la CIA. Reste le rapport lui-même. Devant le risque qu’il ne sorte jamais, Dan hésite entre devenir un whistleblower, mais avec le risque de devoir fuir comme Snowden ou de passer sa vie en prison, et faire ce qu’il faut pour qu’il sorte officiellement. La suite ? Dans le film !

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