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THOMAS BACH EN ERDOGAN DU SPORT ?

Posté le 5 février, 2018 dans actu / news

Ainsi le patron du CIO a-t-il violemment critiqué le TAS suite à la sentence annulant les sanctions de 28 sportifs russes : il faut réformer sa structure et parvenir à plus de qualité et de continuité de ses jugements. Cette envolée est déplorable – et alarmante. D’abord parce que rendre une jurisprudence cohérente et homogène en droit du sport, et s’attachant les compétences spécialisées nécessaires pour cela, c’est précisément ce que le TAS a réussi à faire sur ces vingt dernières années. Là où celle des tribunaux, souvent étatiques, était précédemment hétéroclite, lente et fréquemment déficiente. Et le TAS a réussi cela particulièrement en matière de dopage. De là, la liberté d’expression est garantie et le CIO, comme la partie qui perd en procédure, est libre de critiquer, de manière sensée ou émotionnelle, une décision de justice. Vouloir réaffirmer son influence sur une juridiction qui doit être libre, impartiale et indépendante, est en revanche inadmissible.

Or Thomas Bach ne fait rien d’autre en évoquant publiquement une nécessité de réformer le TAS sans aucune critique de fond de la sentence concernée. Le monde du sport a encore et toujours besoin de transparence et de bonne gouvernance. Les problématiques juridiques en matière de dopage sont infiniment complexes. Elle mêlent des objectifs légitimes de santé publique et de régularité des compétitions à des considérations issues des droits fondamentaux. Le droit à la preuve et son fardeau, la présomption d’innocence, les libertés individuelles, ne font pas toujours bon ménage avec les responsabilités objectives ou quasi-objectives, ni avec le despotisme de certaines fédérations ou leur aveuglement dogmatique sur certains sujets, aussi morale une profession de foi soit-elle. Une décision de justice qui réaffirme des droits d’athlètes pris individuellement, soit comme il se doit, ne met à mal ni la lutte contre le dopage, ni les idéaux du sport. Il en fixe simplement le cadre juridique. Que Thomas Bach ne le comprenne ni ne le respecte est mauvais pour le sport.

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