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UNE OCCASION A NE PAS RATER : LE PROCHAIN G7 SANS LES ETATS-UNIS

Posté le 11 juin, 2018 dans actu / news

Tout a été dit sur Trump et sa Maison Blanche dysfonctionnelle. Aucune stratégie claire sur rien, des décisions erratiques, le mensonge érigé en système, une absence de culture sur tous les sujets, une rhétorique calamiteuse et indigne, un affaissement des valeurs morales et politiques, etc. etc. Ce qu’une garde rapprochée réduite à une poignée de personnes a confirmé, en privé ou anonymement, ou après un bref passage. Et d’avoir eu, chaque jour, la peur au ventre des décisions du président. Ce chaos, cette imprévisibilité, c’est son mode de fonctionnement. Parce qu’il ne maîtrise pas la cohérence, parce que seul l’instant et le rapport de force l’intéressent, et parce qu’il sait que c’est le seul moyen de résister à adversaires et alliés – qui autrement le mettent en défaut. Tout ceci pour dire quoi ? Qu’il n’y a pas de sanction politique à son action avant deux ans et demi, sinon, partiellement, à travers les midterms cet automne, et que la seule et meilleure occasion du monde de lui fixer des limites est là : tenir un G6, ou un G7, sans lui. Lui faire comprendre que le reste du monde va occuper les espaces que son leadership abandonne. Que ses simagrées, ses agressions et ses incohérences lui valent de ne plus venir à la table. Et que seul il comprendra. Un signe fort que seuls les autres membres du G7 peuvent lui adresser. Il jouera au martyre, dira qu’il ne veut pas America Alone et que ce sont ces autres qui l’y poussent – mais alors que, de fait, c’est lui qui ostracise bel et bien l’Amérique sur nombre de plans et de forums. 

Les réactions de Kudlow et Navarro montraient, comme celles de Trump, suite au message de Justin Trudeau, leur intense fébrilité à la moindre mise en cause de leur influence. Et celle de Navarro ne valant guère mieux que du Erdogan – sauf que sous peu, comme les autres, il aura été dégommé. Cette photo, qui a fait le tour du monde, est emblématique, parce qu’elle montre tout ce que chacun veut y voir. Trump en maître d’école, seul assis, avec les élèves qui viennent quémander ou réclamer. Trump mal élevé, seul assis, en cancre rabroué par ses pairs avec Merkel en maîtresse d’école. Merkel a largement snobé Trump, qui incarne tout ce qu’elle peut détester politiquement. Et n’a rien obtenu, sinon de l’indifférence et un ambassadeur qui se mêle, indûment lui aussi, de politique intérieure. Macron l’a flatté, a eu – coup magnifique – une formidable tribune au congrès, a génialement affirmé sa stature, mais n’a rien obtenu. Ce blog l’a dit, le G7 n’est pas une organisation démocratique dans le sens où l’ONU peut partiellement l’être. C’est un groupement peu légitime envers le reste du monde, critiquable, mais libre. Licite en droit international. Tout ceci et la rhétorique de Trump divisant le monde en alliés et en ennemis, dépassée, réductrice, doit donc lui valoir, comme à un mauvais élève impertinent et sans limites, d’aller passer un moment dans le couloir derrière la porte. Le G6, et lui seul, le peut, mais en aura-t-il le courage ? Ce n’est pas certain – mais la (bonne) presse politique américaine à titré juste aujourd’hui : ce n’est plus le G7, mais le G6 + 1. Just Do It.

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