BERNARD MADOFF †

Posté le 18 avril, 2021 dans actu / news, finance / eco

Bernard Madoff est mort – paix à son âme. La couverture média de sa mort se limite à rappeler cette fraude célèbre par son ampleur, mais ce qui est bien réducteur et aveugle. L’affaire Madoff, ce n’est pas tant l’escroquerie, qui n’est extraordinaire que par son montant. Son modus operandi était absolument classique. Des fraudes de ce type, il y en a virtuellement chaque année à Genève, en Suisse et partout où il y a de l’argent à piquer à des gogos. Ce n’est pas non plus que les victimes se soient fait avoir par avidité (« greed ») – c’est le moteur de toute fraude. Ce qui est extraordinaire, c’est la défaillance de toutes les couches de surveillance du système bancaire et financier, banques, auditeurs et régulateurs, qui se sont révélés inaptes à la prévenir – et en sont donc largement la cause eux aussi.

En d’autres termes, si Madoff reste le délinquant primaire, sa fraude n’a été possible qu’en raison des fautes du système. La banque dépositaire de Madoff n’a pas procédé à des réconciliations de positions titres, ni vérifié leur ségrégation – ce qui aurait pris dix minutes et que Madoff a reconnu. La SEC n’a pas donné suite à des alertes qui avaient identifié très exactement les anomalies que sa chute allait révéler – chute que seule la crise financière de 2008 causera. Les banques dépositaires et les gérants ayant monté des fonds de placements investis chez Madoff n’ont rien contrôlé, surveillé ni vérifié – ni leurs auditeurs. Et pas davantage enfin les banquiers et conseillers financiers ayant recommandé ces investissements, comme par miracle toujours gagnants, à leurs clients. Certains ont simplement été négligents, fautifs. Certains avaient subodoré que quelque chose ne jouait pas – mais n’ont pas agi pour ne pas perdre de revenu. Madoff a été en prison. Pas eux.

C’est fou ce que l’histoire n’aime retenir que ce qui est simpliste ou qui arrange. Allez, atchaobonsoir.

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