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AVOCAT-RIES D’ETE QUAND IL FAIT TROP CHAUD

Posté le 20 juillet, 2016 dans actu / news, avocats / advocacy

Me Candide Bêta, avocat vaudois établi à Genève, s’est laissé convaincre par Me Otto Goal, avocat genevois au fait des pratiques du foot mais pas tant bon juriste, car il faut remettre le football au centre, de lui transférer son excellente stagiaire Me Athéna, moyennant une somme d’argent au titre d’indemnité de transfert. Me Athéna les dénonce pour traite des blanches. Jura novit curia. A peine mieux que ce procureur fédéral qui poursuit pour 305bis un quidam qui blanchit (et loge et nourrit) sa jeune fille au pair… Entretemps, dans la suite hilarante de ces deux posts, j’ai été désigné Business Crime Defence Lawyer of the Year in Switzerland par Finance Monthly dans le cadre de leurs Global Awards 2016 ! Ah bon ? Wow, quelle gloire ! Je devrais m’empresser de m’en prévaloir sur mon site et mes emails comme les grands cabinets. Mais il y a un prétendu « embargo » de faire usage de cet Award jusqu’à parution du magazine à la noix – dans lequel il faut prendre son Award Article pour dès GBP 695. Poubelle donc. J’ai tout de même répondu merci pour l’Award et que, ne l’ayant sollicité, j’allais l’utiliser même si je n’achetais pas d’article rédigé par moi à ma propre gloire dans leur canard. Plus sérieusement, la Cour Suprême du New Jersey vient d’y mettre un peu d’ordre, sur la base de plaintes ce qui est intéressant. Tout avocat voulant se prévaloir d’une telle distinction doit exposer les bases tangibles sur lesquelles elle a été distribuée, ce qui sera également intéressant vu que ces annuaires et magazines ne les révèlent pas et pour cause, mentionner le nom de l’organisation concernée et que la distinction n’a aucun caractère officiel. C’est bête, hein ?

A part cela, aux Etats-Unis toujours, une commission de l’American Bar Association examine (à nouveau) la question désormais récurrente de savoir si des avocats peuvent avoir pour actionnaires des non-avocats. Pour ceux qui sont en faveur, air connu, cela élargira l’accès de la population aux services juridiques, et à meilleur coût. Et il n’y a jamais eu de plainte contre un quelconque tel avocat pour avoir indûment subi des pressions de ses actionnaires quant aux services qu’il rend dans les Etats où cela est licite. Pour une majorité des Barreaux, cela reste toutefois problématique en termes d’indépendance, seule situation permettant un conseil garanti dans l’intérêt du client. Protectionnisme ? A suivre. Quant au futur de l’exercice des professions juridiques, un des plus importants juristes d’entreprise américains, Ben Heineman, qui a passé 18 ans chez General Electric, livre ses réflexions dans un bouquin. Dans une interview sur celui-ci au WSJ Law Blog, il est peu amène avec les grandes études généralistes dont le gros des services est médiocre et sans culture propre. Il jure la mort du tarif horaire et in fine du modèle, inattractif s’il en est, prévoyant que les bons juristes iront dans les entreprises plutôt qu’au Barreau – sauf les hyper-spécialistes. A voir et à suivre aussi. Et à lire. Intéressant de même sur le difficile (?) rôle de chef juriste d’une entreprise, puisque à la fois partenaire et empêcheur.

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